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2020 est un cru exceptionnel pour les milliardaires... grâce à la pandémie !

« La fortune des milliardaires du monde a enflé de près d’un tiers en 2020. Le grand capital a profité de la crise sanitaire, pendant que des millions de personnes perdaient leur travail et se retrouvaient sur la paille, dévoile une étude de la banque suisse UBS.



S’il en était des milliardaires comme des grands vins, l’année 2020 constituerait le plus grand cru jamais réalisé de tous les temps. Vous avez bien lu. Alors que le monde entier est frappé de plein fouet par les effets d’une crise, sanitaire et économique, sans précédent, synonyme de morts et/ou de souffrances décuplées, les membres du club le plus VIP du grand capital mondial n’ont jamais été aussi riches et aussi nombreux. L’hallucinante objectivité de ce constat émane du service fleuron de la banque suisse UBS, celui du management de fortunes globales (global wealth management). Associée au « must » local du conseil aux banques, PwC, ce service publie chaque année, depuis sept ans, une vue de l’intérieur du monde des milliardaires (« Billionaires Insight ») assortie d’une réflexion sur les évolutions les plus récentes et de quelques conseils à ses clients aussi huppés que choyés.

Le rôle des banques centrales

« Le total de la fortune des milliardaires atteint, en juillet 2020, 10 200 milliards de dollars (8 670 milliards d’euros) », révèlent les auteurs de l’étude, qui pointent que ce chiffre « surpasse le précédent pic de 8 900 milliards de dollars atteint à la fin 2017 ». Soit une progression de 27,5 % pour les fortunes de quelque 2 189 milliardaires (+ 30 sur la période).»*


Aides publiques pendant la crise : voici ce qu'en font les entreprises du CAC40


« Un tiers des sociétés du CAC 40 ont versé des dividendes alors que des milliers de leurs salariés étaient rémunérés sur fonds publics via le chômage partiel… D'autres ont supprimé des postes malgré tout l'argent public reçu. Un rapport démontre à quoi ont servi les aides versées par l'État pendant la crise.


Depuis mars, le gouvernement a ouvert en grand les vannes des aides publiques, crise économique oblige. Jusqu’ici, il était compliqué d’avoir une vision d’ensemble de l’utilisation de cette manne. L’Observatoire des multinationales tente de lever un coin du voile avec un rapport, publié ce lundi, qui fournit quelques chiffres chocs. Un tiers des entreprises du CAC 40 ont distribué des dividendes pendant la période, pour un montant total de 30,3 milliards d’euros. Huit firmes ont même augmenté les dividendes versés par rapport à l’année dernière. Un tiers du CAC 40 a versé des dividendes alors que des milliers de leurs salariés étaient rémunérés sur fonds publics via le chômage partiel… 


300 milliards d’euros de prêts garantis par l’État

Dans son rapport, l’Observatoire des multinationales commence par rappeler par quels canaux la manne publique a été distribuée : « Près de 300 milliards d’euros de prêts garantis par l’État, plan d’urgence à 110 milliards d’euros dont 7 milliards d’euros pour Air France et 5 milliards pour Renault, plan tourisme, plan automobile, plan aéronautique, relocalisation industrielle, baisses d’impôts, 100 milliards pour le plan de relance, chômage partiel pour 31 milliards, reports ou annulations de charge sociales et fiscales (76  milliards)… Les sommes annoncées sont d’une ampleur inédite. »

Certaines aides ont pris des formes indirectes, et sont passées largement sous les radars médiatiques : c’est le cas des plans de rachats massifs d’obligations d’entreprises par la Banque centrale européenne (BCE). Grands bénéficiaires : Total, Sanofi, Schneider Electric ou Air Liquide. Ce soutien discret permet à certaines multinationales – comme Total – de claironner qu’elles n’ont jamais bénéficié de l’aide des pouvoirs publics français…

À quoi a servi tout cet argent ? Le gouvernement n’a jamais formellement empêché aux grandes entreprises de continuer à distribuer des dividendes… »(2)



Sanofi, Altice, Auchan, GE, Valeo ou Nokia, la crise a bon dos : ces entreprises qui surfent sur le Covid pour licencier.

« Alors que l’automne s’annonce catastrophique sur le front du chômage, certaines sociétés profitent de la crise sanitaire pour se lancer dans des plans sociaux massifs ou des accords de compétitivité. Pour les syndicats, il s’agit avant tout de prétextes pour tailler dans les effectifs et mettre en péril les acquis sociaux.

Une rentrée en forme de déflagration sociale. Comme le redoutaient les experts, les annonces de restructurations ou de plans d’économies s’accumulent en septembre. Si le tissu économique souffre logiquement de la crise engendrée par le Covid-19, certains grands groupes ont vite choisi de s’engouffrer dans la brèche des licenciements. Chez Auchan, la direction évoque, entre autres, des surcoûts liés à la pandémie pour justifier les 1 475 suppressions d’emplois à venir. Nombre de sociétés comme Derichebourg Aeronautics ou Valeo se sont également jetées sur les accords de performance collective pour flexibiliser le temps de travail. »(3)


« Les ventes de Doliprane ont explosé avec la crise, et pourtant Sanofi annonce 1 700 suppressions de poste. Les audiences de BFM ont grimpé en flèche, mais Altice licencie aussi... Profiter de la pandémie pour annoncer des restructurations : cette stratégie utilisée par de grands groupes bénéficiaires fait craindre aux syndicats le retour des licenciements boursiers. Ils appellent à une riposte politique. »(4)


« Chez Carrefour, les syndicats sont sous le choc. En plein confinement lié à l'épidémie de Covid-19, la quasi-totalité des salariés, soit près de 90 000 sur 110 000 personnes, ont été placés en chômage partiel par la direction, jeudi 12 novembre, sans aucune concertation. Dans les magasins, ce sont deux à trois jours par semaine pour ceux qui travaillent dans les rayons fermés, un jour par quinzaine pour tous les autres, y compris les caissières et les vigiles. Les salariés des sièges sont aussi concernés, avec deux jours de chômage partiel par semaine. »(5)


« Printemps annonce la fermeture de sept magasins du groupe. En difficulté financière du fait de la crise liée au Covid-19, le groupe de distribution envisage de supprimer 428 emplois en France d’ici à juillet 2021, soit plus de 10 % de ses effectifs. » (6)


(1) https://www.humanite.fr/accaparement-des-richesses-2020-est-un-cru-exceptionnel-pour-les-milliardaires-grace-la-pandemie


(2) https://www.humanite.fr/un-rapport-edifiant-aides-publiques-pendant-la-crise-voici-ce-quen-font-les-entreprises-du-cac40


(3) https://www.humanite.fr/auchan-ge-valeo-ces-entreprises-qui-surfent-sur-le-covid-pour-licencier-693730


(4) https://www.humanite.fr/licenciements-boursiers-chez-sanofi-altice-ou-nokia-la-crise-bon-dos-691377


(5) https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/c-est-un-veritable-scandale-le-groupe-carrefour-place-ses-salaries-en-chomage-partiel-les-syndicats-denoncent-une-decision-politique_4181077.html


(6) https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/11/10/le-printemps-ferme-sept-magasins_6059271_3234.html


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