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Des millions d’euros de sondages : le gouvernement dépense sans compter pour sa campagne de com.

Nos confrères de l’Obs se sont procuré de nombreuses données qui montrent comment l’exécutif est devenu “accro” aux sondages et fait exploser le budget en la matière.


Des sondages tous les jours ou presque lors du premier confinement. A cette période, les Français en en ont été abreuvés et cela ne semble pas être un hasard ni s’arrêter. Partant de ce constat, nos confrères de l’Obs ont enquêté pour comprendre l’engouement autour de ces enquêtes d’opinion de la part du gouvernement. Car si certains présidents comme Nicolas Sarkozy en étaient friands, Emmanuel Macron a passé la vitesse supérieure. En s’appuyant sur des données confidentielles ainsi que des études européennes recensant les marchés publics, l’Obs fait un constat accablant : Emmanuel Macron dépense sans compter dans les sondages.


Ainsi en 2020, les frais alloués au Service d’information du Gouvernement (SIG), la direction des services du Premier ministre placée sous son autorité, ont explosé. Au lieu des 14 millions d’euros prévus, c’est finalement le double (28 millions) qui ont été dépensés. Si Matignon estime que la situation était « exceptionnelle », nos confrères notent bien qu’une partie de la somme a été allouée par exemple pour la mise en place d’un numéro vert pour répondre aux interrogations des Français sur le coronavirus, mais que sur une période donnée (à savoir du 5 mars au 28 mai), pas moins de 33 études qualitatives ou quantitatives ont été réalisées.


« Hors de proportion »

Mais 2020, année de crise, n’est pas la seule pointée du doigt. Selon les données recueillies par l’Obs, à chaque fois que le gouvernement a entamé de nouvelles réformes ou fait face à une crise il a fait appel à des sondages en grand nombre : 20 en 60 jours pour présenter la réforme de la SNCF en 2018 ou encore 7 en 16 jours lors de la crise des « gilets jaunes » et 7 en 20 jours quand fut présentée la réforme des retraites en décembre 2019. Des dépenses en la matière que le SIG a vu augmenter substantiellement en à peine trois ans : de 1,4 million d’euros en 2018, elles s’élevaient à 3,3 millions fin 2019 alors que les chiffres de fin 2020 ne sont pas encore connus.

Ces sommes hérissent le poil de la députée LR Marie-Christine Dalloz, qui dénonce la somme allouée pour tous les sondages du premier confinement comme « hors de proportion ». Celle qui est aussi rapporteur spéciale de la commission des Finances de l’Assemblée nationale a tancé les « dérives du gouvernement », mais on lui a répondu qu’ils avaient servi à mettre en place « des outils nécessaires pour répondre aux préoccupations des concitoyens ».


Relai des réformes du gouvernement

Du côté des instituts de sondage, on botte en touche, estimant qu’il valait mieux un gouvernement à l’écoute, plutôt qu’un « sourd », estime le directeur général délégué d’Ipsos, Brice Teinturier. Il considère en outre que les hommes politiques ne retiennent que 10 à 15% des résultats. En outre, le contrat passé en 2019 avec le SIG est bien plus important que celui passé en 2015 pour une durée de quatre ans. Toujours selon les informations de l’Obs, Emmanuel Macron, très présent sur les réseaux sociaux, ne pourrait pas tout surveiller et a donc confié au SIG une veille 24 heures sur 24. La « conversation sociale publique » est analysée par une société spécialisée, dont les frais s’élevaient à un demi-million en 2017. Désormais, ils sont passés à plus de 2,8 millions d’euros.


Quant aux campagnes de communication, les dépenses s’envolent aussi. Matignon et le SIG ont conclu un marché s’élevant à plus de 300 millions d’euros fin 2018 avec une entreprise pour du conseil, de la stratégie dans les médias et l’achat d’encarts publicitaires. Selon nos confrères si ce marché comprend les « campagnes d’intérêt général » à l’instar de la lutte contre l’alcoolisme, elle relaie aussi toutes les réformes du gouvernement. Et le gouvernement dépense aussi sans compter pour être présent sur les réseaux sociaux, quitte à laisser de côté les conférences de presse.

Sans compter d’autres marchés avec des think tank ou le recours à des consultants. Ce qui fait dire à l’Obs que le « quoi qu’il en coûte » n’est pas réservé à la crise sanitaire. Emmanuel Macron s’appuie enfin sur le « nudge », cette stratégie qui pousse par différents moyens à pousser à un changement des comportements. Les divers slogans employés par l’Etat ou encore la dernière vidéo du président avec les deux YouTubeurs McFly et Carlito en sont les parfaits exemples. *


* https://www.valeursactuelles.com/politique/des-millions-deuros-de-sondages-le-gouvernement-depense-sans-compter-pour-sa-campagne-de-communication/

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