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Elle arrête la médecine à cause du pass sanitaire : «On me l’impose»

Catherine Dubien est médecin généraliste-acupuncteur à Montbrison depuis 28 ans. Elle vient de prendre la décision d’arrêter d’exercer à cause de l’application du pass sanitaire à partir du 15 septembre.

« Si je me bats aujourd’hui, c’est pour avoir un monde où mes enfants puissent circuler librement », explique Catherine Dubien. Photo d’illustration Progrès /Rémy PERRIN


Quand avez-vous pris la décision d’arrêter d’exercer votre métier de médecin ?

« Je l’ai pris depuis mercredi. Nous avons reçu un mail de la direction générale de la santé, qui explique que les professionnels de santé non vaccinés n’ont plus le droit d’exercer à partir du 15 septembre. Il y avait aussi la liste des peines encourues si on continuait. Ce n’est pas ma décision, on me l’impose. J’ai décidé que je ne me justifierai plus. » « Je me bats pour que mes enfants puissent circuler librement »

Qu’en pensent vos patients ?

« Je n’ai pas encore osé leur dire. J’en connais certains depuis plus de 25 ans. Je n’ai pas eu le courage de leur annoncer. C’est un métier que je fais par passion, j’ai toujours été honnête et bienveillante. Tous mes patients sont vaccinés. Je ne suis pas contre la vaccination, le rapport bénéfice/risque est favorable pour les gens fragiles. »

Quelle est donc votre opinion sur les vaccins contre le Covid-19 ?

« Des études commencent à montrer que la létalité est plus importante pour les personnes de moins de 44 ans. Les deux vaccins ARN entraîneraient des risques accrus de myocardite et de péricardite pour les hommes jeunes. Sans compter qu’il n’y a pas d’étude sur les femmes enceintes. Sachant aussi qu’on commence à peine à comprendre le virus : à chaque variant, on a des effets différents. » Pourquoi avoir pris cette décision ?

« Je suis issue d’une famille où il y a eu de nombreuses allergies médicamenteuses. Je me suis retrouvée en soin intensif à cause d’un vaccin. Mais je ne me bats pas pour moi, même si je suis morte de trouille. Si je me bats aujourd’hui, c’est pour avoir un monde où mes enfants puissent circuler librement. Ils ont la vingtaine. Si je baisse les bras, je ne pourrai jamais les regarder en face. Le pass sanitaire va s’installer dans le temps. Depuis 2015, les lois liberticides ne disparaissent jamais. »


Le pass sanitaire devrait rester en vigueur (à la date de cet article) jusqu’au 15 novembre. Reprendrez-vous votre activité si cette obligation est levée ?

« Oui. Je reprendrai le travail sans problème. Si je perds mes revenus, ce n’est pas grave, mon mari travaille. J’ai consciente d’être privilégiée. »

Connaissez-vous d’autres soignants qui vont faire comme vous ?

« Oui. Il y a eu une jeune femme médecin en Ehpad qui a été suspendue. Une jeune kiné de Montbrison est aussi dans ce cas. Je connais également des infirmiers qui ne pourront pas avoir leur diplôme. Je retrouve des gens en larmes. Au départ, les soignants n’y ont pas cru. Ils ont bossé pendant la première vague et maintenant, on les traite de monstres. Ils sont trop maltraités. Le gouvernement veut les mettre à genoux, la rue ne va pas accepter ça. Je ne vois que cette solution, mais tout en restant unis dans la bienveillance. »

Pour conclure, que pensez-vous de la polémique autour du pass sanitaire ?

« Je me dis égoïste d’avoir eu des enfants avec la planète qui brûle. Et nous, on se focalise sur un pass sanitaire… Aujourd’hui, l’urgence est écologique. » *


* https://www.leprogres.fr/sante/2021/08/14/elle-arrete-la-medecine-a-cause-du-pass-sanitaire-on-me-l-impose


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