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Google construit une ville du futur à Toronto. Quand les GAFA construisent nos villes

Ce pourrait être le nouveau quartier le plus cool de la planète ou un aperçu de la métropole orwellienne qui sait tout ce que vous avez fait la nuit dernière.


C’est un pas de géant que s’apprête à franchir Google dans son entreprise d’intégrer de la connectivité dans tous nos appareils du quotidien. A Toronto et à Villiers Island, une filiale du géant américain, SidewalksLabs, s’est vue confier la création de quartiers entiers connectés qui devraient voir le jour en 2021 et 2023. Après avoir connecté entre eux nos smartphones, montres, lunettes, voitures, enceintes et appareils électroménagers, les GAFA s’attaquent donc désormais à la réalisation de nos villes, pour le meilleur et pour le pire.


La ville connectée, plus sûre, plus propre et plus efficace.


La smartcity pensée par Sidewalks Labs sera une ville plus sûre. Elle le sera certes par la surveillance qu’elle pourra exercer, la géolocalisation des citoyens, la reconnaissance faciale associée aux caméras de surveillance… mais pas seulement ! Elle le sera aussi par la sécurisation des installations comme le chauffage des pistes cyclables pour éviter le gel ou une gestion plus sûre du trafic grâce à la conduite autonome.

La ville 2.0 pourra également repenser le système de santé et le parcours de soin des patients, y intégrant les données de nos appareils connectés, nos habitudes alimentaires ou encore nos déplacements, donnant ainsi aux médecins et autorités sanitaires des données précises sur chaque patient mais aussi des statistiques sanitaires précises en temps réel.


Penser la ville intelligemment, c’est aussi lui permettre de diminuer son empreinte écologique en pensant de A à Z sa production et sa dépense d’énergie, en limitant les distances parcourues pour se rendre au travail ou faire du shopping. De plus elle pourra mettre en place des feux de circulation intelligents pour éviter les bouchons ou encore en mettant à contribution des robots pour trier nos déchets à notre place.

Enfin, la ville de Google offrira aux citoyens une expérience personnalisée. Grâce à une identification facilitée de chacun des habitants, l’accès aux logements, aux services publics, aux installations que comptera la métropole se fera de manière simple et intuitive.


La smartcity, antichambre de 1984 ?


Mais certains commencent à s’inquiéter de cette opportunité qu’a Google de s’occuper de l’urbanisme de nos villes. Car si la smartcity est un concentré de technologies, elle fonctionne également grâce à la collecte de données. Où vivez-vous ? Où travaillez-vous ? Où faites-vous vos courses ? Dans quels quartiers surviennent le plus fréquemment tel ou tel problème de santé ? C’est en répondant à ces questions en temps réel que Google entend construire et faire évoluer la ville selon nos besoins.

Mais le danger lorsqu’une ville pense à votre place, c’est qu’elle finisse par se substituer à vous, qu’elle prenne pour vous les décisions qu’elle jugerait meilleures non pas pour votre personne mais pour la communauté ou, plus grave encore, pour l’entreprise qui la gère.


Un enjeu politique tout autant qu’économique


Des bulles informationnelles ont commencé à émerger sur les réseaux sociaux et en premier lieu sur YouTube, plateforme gérée par…Google ! Il s’agit d’une personnalisation à l’extrême dans laquelle les internautes ne voient apparaître que des contenus et des personnes correspondant à leurs goûts et à leurs opinions. La politique de la ville est un fondement de notre vie démocratique et de nos rapports sociaux, de notre confrontation à l’autre, aux conflits, aux dangers et aux rapports de force qui font notre société. A trop vouloir nous rendre la vie agréable, la ville made in Google peut risquer d’aller trop loin et de nous couper d’une partie du monde qui pourrait nous déplaire.

Nous devons aller (et nous irons) vers des villes plus intelligentes, mieux pensées, mieux organisées et faisant appel à des technologies novatrices telles que l’intelligence artificielle ou encore la conduite autonome. Mais tout comme l’intelligence artificielle, la smart city représente un enjeu politique tout autant qu’économique. Ainsi, les contenus des contrats de partenariats entre États, collectivités territoriales et entreprises privées seront déterminants. *



* https://urbanattitude.fr/quand-gafa-construisent-villes/


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