Rechercher

La diplomatie russe accuse Kiev de crimes de guerre dans le Donbass entre 2014 et 2021

L'ambassade de Russie en France accuse Kiev de «crimes de guerre» et de «crimes contre l'humanité» dans le Donbass. Elle s'appuie pour cela sur des photographies ayant, selon elle, été prises entre 2014 et 2021 dans la région de Lougansk.


Corps démembrés, squelettes dans des fosses, cadavres d'enfants... Des dizaines de photographies fournies à différents médias (dont RT France), ainsi qu'au Quai d'Orsay par l'ambassade de Russie en France témoignent, selon le service de presse de cette dernière, «des crimes de guerre et des crimes de l'humanité commises dans le Donbass» dont la responsabilité incomberait «entièrement au régime ukrainien». La révélation de ces documents survient dans un contexte particulier : celui du lancement, le 24 février, d'une opération militaire russe en Ukraine.


Celle-ci vise, selon le président russe Vladimir Poutine, à porter secours aux Républiques autoproclamées de Donetsk et Lougansk dont il a reconnu l'indépendance, ainsi qu'à «démilitariser et dénazifier l'Ukraine». Le chef d'Etat russe a notamment fait valoir la nécessité de mettre fin à ce qu'il a décrit comme un «génocide» dans le Donbass. En face, Kiev et les pays occidentaux dénoncent une guerre d'invasion et de nouvelles sanctions ont été annoncées contre Moscou.


En tout état de cause, l'ambassade de Russie en France affirme, dans un texte fourni en même temps que les documents photographiques ce 25 février, que «tous les jours, [les autorités russes] rassemble[nt] minutieusement toutes les preuves de la culpabilité des dirigeants militaires et politiques ukrainiens ayant commis des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité envers leur propre peuple». Avant l'intervention militaire russe, les autorités ukrainiennes affrontaient depuis 2014 les forces rebelles du Donbass, dans l'est ukrainien, dans une guerre civile larvée alternant périodes calmes et pics d'activité. Des clichés qui auraient été pris entre 2014 et 2021 dans la région de Lougansk.

Selon l'ambassade, les clichés qui ont été transmis sont antérieurs au déclenchement de l'opération militaire russe et ont été pris dans la région de Lougansk, en 2014, 2020 et 2021. Ils se présentent en trois parties.

La première, selon la représentation russe, est constituée de 15 photos «prises en juillet-septembre 2014» dans la ville de Pervomaysk, sur lesquelles sont visibles des cadavres d'individus portant des vêtements civils. L'un d'eux apparaît le ventre ouvert et la peau arrachée sur plusieurs parties du corps. Un autre a la jambe arrachée. Un cliché montre un corps de très jeune enfant ou de bébé à la peau boursouflée et violacée, à côté d'un autre corps de petite taille. «La ville de Pervomaysk [...] où un grand charnier a été découvert, a été coupée de toute communication, même de la ville de Lougansk. [...] Les hôpitaux, les morgues et les écoles qui servaient d’abris anti-bombes ont été bombardés de manière particulièrement cynique. Cela a conduit à l’apparition de fosses communes de civils, victimes des dirigeants militaires et politiques de l'Ukraine et de leurs manipulateurs occidentaux», affirme l'ambassade russe, dans le texte fourni aux médias. Une autre vingtaine de photographies est présentée par l'établissement diplomatique russe comme une série de clichés pris à Sokologorovka, en 2020 et 2021. Parmi ces images : de nombreux squelettes et crânes, dans ce qui semble être des fosses – aucun contexte n'étant fourni, à ce sujet, par l'ambassade russe. Certains de ces squelettes portent encore des vestiges de vêtements, des sandales étant clairement identifiables sur l'un d'eux.


La troisième partie des documents, composée d'après la représentation russe de photographies prises à Slavianoserbsk en 2020 et 2021, montre similairement des ossements et des charniers. Des documents envoyés au Quai d'Orsay


Quelle portée peuvent avoir ces clichés, ainsi que les accusations qu'en tirent les autorités russes à l'encontre de Kiev ? Dans la communication que RT France a reçue, l'ambassade de Russie en France déclare que ces photographies «ont également été communiquées par l'ambassade au ministère français des Affaires étrangères». Sollicité par téléphone par RT France le 26 février, le Quai d'Orsay n'a pas, au moment où nous écrivons ces lignes, réagi. Egalement sollicitée sur ce sujet le même jour, l'ambassade d'Ukraine en France n'a pas non plus commenté jusqu'alors. Néanmoins, les accusations de crimes de guerre dans le Donbass pourraient être soulevées par le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov à l'ONU, en début de semaine prochaine. Le 24 février, l'Ukraine a demandé au président du Conseil des droits de l'homme la tenue d'un débat urgent sur la situation des droits humains à la suite de l'opération militaire russe en Ukraine. Or, Sergueï Lavrov doit participer, selon l'AFP, à la prochaine sessions du Conseil des droits de l'homme qui commence le 1er mars. La situation dans le Donbass avait déjà soulevé par le passé des inquiétudes quant au respect des droits de l'Homme. En décembre 2020, l'ex-procureure de la Cour pénale internationale (CPI) Fatou Bensouda avait déclaré qu'un «large éventail de comportements constitutifs de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité» avait été commis en Ukraine depuis 2014 (sans désigner de responsable), réclamant une enquête complète. *




Tulsi Gabbard, membre du Parti Démocrate US. Elle a siégé à la chambre des représentants de 2013 à 2021.



Soros appelle Washington et l'UE à faire «tout ce qui est en leur pouvoir» pour soutenir l'Ukraine


Soulignant que l'Ukraine était devenue une «démocratie libérale et une société ouverte» après la chute de l'URSS, le milliardaire américano-hongrois George Soros a demandé aux pays occidentaux de tout faire pour venir en aide à Kiev.



A l'instar, entre autres, du philosophe Bernard-Henri Lévy en France, le milliardaire américano-hongrois George Soros souhaite une plus grande implication des Etats-Unis et de l'Europe en Ukraine, pour répondre à l'opération militaire russe lancée le 24 février sur le territoire. «J'ai vu l'Ukraine se transformer d'un élément s'effondrant de l'Union soviétique en une démocratie libérale et une société ouverte», a écrit George Soros dans une série de déclarations sur son compte Twitter, le 26 février. «Il est important que l'alliance transatlantique (les Etats-Unis, le Canada, l'Union européenne et le Royaume-Uni) mais aussi d'autres nations fassent tout ce qui est en leur pouvoir pour soutenir l'Ukraine en cette période de menace existentielle», a-t-il poursuivi, appelant à «se tenir aux côtés de l'Ukraine comme l'Ukraine se tient à nos côtés».

L'appel de George Soros survient alors que le président américain Joe Biden a annoncé l'envoi d'un nouveau contingent de troupes en Allemagne, portant à 12 000 le nombre de soldats américains déployées en Europe. Joe Biden, qui a toujours fait savoir qu'il n'enverrait pas de soldats en Ukraine en cas d'affrontement, a par ailleurs approuvé le 26 février une aide militaire à Kiev pour un montant de 350 millions de dollars.


Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a de son côté annoncé le 27 février que des Etats membres de l'Union européenne étaient disposés à fournir des avions de combat «que les Ukrainiens peuvent piloter» aux forces armées de Kiev. Un mois plus tôt, Josep Borrell avait fait savoir que l'Union européenne (UE) allait débloquer 450 millions d'euros pour fournir des armes à l'Ukraine, ainsi que 50 millions d'euros pour des «équipements de protection» et du carburant.


La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a quant elle déclaré, le 27 février, que l'UE souhaitait que l'Ukraine devienne l'un de ses Etats membres. De son côté le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a lui lancé dès le lendemain un appel à l'UE pour lancer une procédure d'adhésion «spéciale» de son pays à l'UE.


Depuis plusieurs jours, l'Ukraine est le théâtre d'une offensive militaire russe présentée par Vladimir Poutine comme une opération de «démilitarisation et de dénazification» du pays, et qui fait suite à la reconnaissance par Moscou de l'indépendance des républiques autoproclamées de Donetsk et Lougansk. Kiev et ses alliés y voient une guerre d'invasion, même si le président russe avait affirmé, lors de l'annonce de l'opération, qu'il ne planifiait pas d'«occupation» des territoires ukrainiens. L'opération militaire russe a fait l'objet de multiples condamnations sur la scène internationale et a mené à de nouvelles sanctions contre Moscou. **



* https://francais.rt.com/international/96381-diplomatie-russe-accuse-kiev-crimes-guerre-donbass-entre-2014-et-2021 ** https://francais.rt.com/international/96577-soros-appelle-washington-ue-faire-tout-ce-qui-pouvoir-soutenir-ukraine

0 commentaire