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Le Conseil d’Etat estime que le vaccin n’élimine pas le risque de contamination, Veran aussi.

La plus haute juridiction estime qu'être vacciné n’affranchit pas des restrictions de déplacement. L’Agence française du médicament a, par ailleurs, refusé d’autoriser l’usage de l’ivermectine pour la prévention ou le traitement de l’affection due au virus.

Dans une unité de soins intensifs prenant en charge des patients atteints du Covid-19

à Tours, le 2 avril. GUILLAUME SOUVANT / AFP


Alors que le troisième confinement national, annoncé mercredi par le président de la République, va entrer en vigueur samedi soir, la situation sanitaire continue de se tendre en France métropolitaine. Selon Santé publique France (SPF), le pays connaît une « forte augmentation du nombre de nouveaux cas [de contamination au SARS-CoV-2] depuis trois semaines ». L’agence sanitaire déplore une « dégradation de tous les indicateurs sur l’ensemble du territoire ».


D’ici à lundi, durant tout le week-end de Pâques, le gouvernement a ouvert la possibilité, pour ceux qui le peuvent et le souhaitent, de quitter leur région de résidence pour s’isoler dans une résidence secondaire ou dans leur famille. Passé ce délai de tolérance, les déplacements au-delà de 10 kilomètres ne seront plus autorisés, sauf dérogations, pendant quatre semaines.

  • Les restrictions de déplacements s’appliquent aussi aux vaccinés

Si ce vendredi marque l’heure des grands départs, avant leur interdiction pendant un mois, le Conseil d’Etat a mis en garde : le vaccin contre le Covid-19 n’immunise pas contre le confinement. Dans une ordonnance, la plus haute juridiction rappelle donc que le maintien des restrictions de déplacement s’applique aussi aux personnes vaccinées.


Saisi en référé par un habitant d’un des premiers départements où les déplacements ont été limités à 10 kilomètres à la mi-mars, le Conseil d’Etat a conclu que cette « atteinte à la liberté individuelle (…) ne peut, en l’état, au regard des objectifs poursuivis, être regardée comme disproportionnée, en tant qu’elle s’applique aux personnes vaccinées ».

« Pour efficace que soit la vaccination, qui ne concerne encore qu’une faible fraction des personnes les plus vulnérables, elle n’élimine pas complètement la possibilité que les personnes vaccinées demeurent porteuses du virus », fait valoir le Conseil d’Etat. Or, à ce jour, « l’effet de la vaccination en matière de réduction de la circulation du virus n’est atteint, dans certains pays (…) que par un niveau suffisant de vaccination au sein de l’ensemble de la population ».

  • Pas d’autorisation temporaire pour l’ivermectine

L’ivermectine, remède contre le Covid-19 ? C’est non pour l’Agence française du médicament. L’ANSM a rejeté la demande d’accorder une autorisation temporaire à ce médicament antiparasitaire, pour traiter ou prévenir le Covid-19. L’agence sanitaire, qui a publié sa décision, jeudi 1er avril, avait été saisie par l’avocat Jean-Charles Teissedre, qui représente une association et des professionnels de santé.

« En raison des données disponibles à ce jour, nous ne pouvons pas répondre favorablement » à cette requête, note l’ANSM. L’analyse des données publiées, « du fait de leurs limites méthodologiques, ne permet pas d’étayer un bénéfice clinique de l’ivermectine quel que soit son contexte d’utilisation, en traitement curatif ou en prévention ».


L’ANSM souligne cependant « la nécessité de mettre en œuvre de larges études cliniques » scientifiquement rigoureuses « en vue de conclure à sa possible utilisation dans le contexte de la maladie Covid-19 ».

L’ivermectine fait l’objet d’une intense promotion sur les réseaux sociaux. Déjà, l’Agence européenne du médicament (AEM) et l’Organisation mondiale de la santé, le 22 mars et le 31 mars, avaient recommandé de ne pas l’utiliser pour le Covid-19 en dehors d’essais cliniques. Un avis avait été également émis dans ce sens en France, le 27 février, par le Haut Conseil de santé publique. L’AEM mentionnait toutefois dans son avis que la République tchèque et la Slovaquie ont permis une utilisation temporaire de l’ivermectine.*


*https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/04/02/covid-19-l-ivermectine-ne-disposera-pas-d-autorisation-temporaire-en-france_6075334_3244.html



Un octogénaire demande au Conseil d’État à être déconfiné après avoir été vacciné


Un retraité de 83 ans vacciné, qui réside en Ile-de-France, a déposé un recours devant le Conseil d’Etat pour demander la levée du confinement pour les personnes vaccinées. Le gouvernement s’y oppose dans un mémoire qu’Europe1 a pu consulter, en invoquant "l’efficacité partielle" du vaccin et une "efficacité devenue particulièrement contingente avec l'arrivée des nouveaux variants". L’audience a lieu mardi à 9h.

Alors qu’un passeport vaccinal devrait être lancé en juin prochain pour régir les déplacements à l’échelle européenne, un octogénaire récemment vacciné a sollicité en urgence la justice. Son but : demander la fin des mesures de confinement fixées dans le décret du 19 mars dernier pour les personnes vaccinées. L'homme, qui réside en Ile-de-France, a déposé un référé liberté devant le Conseil d’Etat.


Les avocats du retraité s'appuient sur plusieurs études

Ce retraité, qui a reçu deux doses du vaccin Pfizer, ne comprend pas pourquoi il est confiné chez lui, sans pouvoir sortir à plus de 10 kilomètres de distance de son domicile. Alors même, soulignent ses avocats, que le "vaccin est désigné comme l’unique solution pour mettre un terme définitif à la pandémie de Covid-19". Diane Protat et Henri de Lagarde estiment dans leur référé que "la mise en place de ce troisième confinement a deux finalités : prévenir la transmission du virus et éviter un engorgement des services de réanimation". Or d’après eux, "le confinement des personnes vaccinées ne favorise aucune de ces deux finalités".

Les avocats du retraité s’appuient sur plusieurs études pour attester de l’efficacité du vaccin contre le Covid-19 et demandent que les personnes vaccinées soient traitées différemment du reste de la population.


Pour le gouvernement, il est prématuré de différencier les règles pour les personnes vaccinées

Dans son mémoire de réponse qu’Europe1 a pu consulter, le ministre de la Santé estime qu’il est prématuré en l’état des connaissances scientifiques de différencier les "règles relatives aux limitations de circulation selon que les personnes ont reçu ou non des doses des vaccins". Olivier Véran invoque quatre arguments. D'une part, "l'efficacité partielle des vaccins", et en deuxième lieu le fait que "l'efficacité des vaccins est devenue particulièrement contingente du fait de l’apparition des nouveaux variants".

En troisième lieu, "les personnes vaccinées sont aussi celles qui sont les plus exposées aux formes graves et aux décès en cas d’inefficacité initiale du vaccin ou de réinfection post-vaccinale ou de la virulence d’un variant." Enfin, "le vaccin n'empêche pas de transmettre le virus aux tiers. L’impact de la vaccination sur la propagation du virus n’est pas encore connu".**


**https://www.europe1.fr/sante/un-octogenaire-demande-au-conseil-detat-a-etre-deconfine-apres-avoir-ete-vaccine-4034911

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