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La 5G révélée

Au lendemain des enchères pour l’attribution des fréquences relatives à la 5G, qui ont rapporté 2,786 milliards d'euros à l'Etat, le journal le Monde aborde la 5G avec un point de vue un peu plus mitigé. Maintenant que les enchères sont passées les langues semblent s’être déliées et le vraie rôle de la 5G se dévoile.

Ainsi on apprend que les retours des premiers utilisateurs de la 5G sont loin d'être positifs.

« Certains utilisateurs ont ainsi dû couper la 5G sur leur mobile car la connexion passait trop de temps à faire l’aller-retour entre 4G et 5G, ce qui hachait la connexion. En effet, la 5G ne passe pas partout et il faut un nombre d’antennes conséquent. 

En Corée du Sud, pays en pointe dans le déploiement de la 5G, une association de défense des consommateurs a reçu, en douze mois, plus de 2 000 plaintes dénonçant la qualité du réseau 5G – dont un tiers faisant part d’une résiliation, en raison de la mauvaise qualité du signal, alors que le prix des abonnements est beaucoup plus cher.

Plusieurs milliers d’utilisateurs, raconte le correspondant du Monde au Japon, Philippe Mesmer, ont d’ailleurs obtenu le remboursement de leur abonnement. La vitesse de téléchargement moyenne des trois opérateurs s’élevait, en juillet, à 656,6 mégabits par seconde (Mbps), selon une étude du ministère des sciences et des technologies. C’est quatre fois plus rapide que la 4G, mais encore loin du « vingt fois plus rapide » promis.»*


On apprend aussi que les risque de saturation du réseau 4G, principalement dut au streaming vidéo, ne seront pas comblés par la 5G.

« Le risque de saturation du réseau 4G a également été documenté par les opérateurs et la Fédération française des télécoms. Les opérateurs vont d’ailleurs continuer de déployer la 4G sur tout le territoire, voire déployer une 4G + (avec un débit augmenté) là où la 5G n’a pas vocation à être déployée. En effet, cette nouvelle technologie répond, comme le wi-fi dans les habitations par exemple, à des usages bien spécifiques (zones denses, forte demande, mobilité). Il y a aussi un enjeu de responsabilisation et d’éducation du consommateur car l’Internet illimité n’existe pas et le haut débit a un coût, financier et environnemental. »*

J’adore quand les journalistes parlent de la responsabilité et de l’éducation du consommateur… et pourquoi ne parlerait-on pas de la responsabilité et de l’éducation du gouvernement qui privilégie encore l’économie au détriment de la santé publique et de l’environnement ? Car la décision de déployer la 5G a été prise bien avant que les travaux de l’Anses sur les possibles effets néfastes sur la santé et de l’Arche et de l’Ademe sur l’environnement, ne soient rendus, puisque ceux-ci sont prévus pour 2021 !


A cela ils confirment qu’il faudra bel et bien changer de smartphone pour pouvoir bénéficier de la 5G, mais ce ne sera pas pour tout de suite:

« Oui, pour bénéficier de ce très haut débit, il sera nécessaire de s’équiper de nouveaux appareils. Toutefois, la 5G ne sera pas pleinement opérationnelle tout de suite car il faudra attendre que les premiers équipements soient mis en service et ils ne couvriront pas tout le territoire.

De plus, pour qu’un réel bond en matière de qualité de réseau soit réalisé, les opérateurs devront utiliser plusieurs bandes de fréquence, ce qui ne sera possible que dans quelques années. Vu le court cycle de vie des téléphones portables (les appareils sont renouvelés en moyenne tous les deux ans), il est plus prudent d’attendre que la technologie soit complètement déployée pour investir dans de nouveaux équipements. »*


Donc l’article du « Monde » insiste sur le fait que la 5G n’a pas été pensé et conçu pour l’usage des particuliers, et ne sera pas à la porter de tous étant donné que son abonnement coûtera beaucoup plus cher qu’une connexion 4G et qu’elle ne va pas être déployée sur tout le territoire mais principalement dans des zones spécifiques « a priori des zones denses où existe une forte demande : des grandes villes, des lieux de transport, des zones industrielles… » Ce qui pourrait être perçu comme une bonne nouvelle par les écologistes. Cependant il faudra tout de même déployer une myriade d’antennes relais pour que celle-ci fonctionne correctement… ainsi que 10 000 satellites… donc est-ce qu’on peut vraiment parler d’un progrès technologique et écologique ? Non certainement pas.


Après toutes ces fausses réjouissances quand aux biens faits d'une technologie dont "on ne peut plus se passer pour évoluer", on est en droit de se demander à quoi va bien pouvoir servir cette fameuse 5G ? Certainement à assouvir les ambitions mégalomanes de certains milliardaires de la Silicon Valley, ça c'est certain. Nos dirigeants, sous prétexte de vouloir sauver l'économie, se laissent bernés par les offres alléchantes des multimilliardaires de la Tech aux promesses sirupeuses. Parce qu’il semblerait, en fait c’est une évidence, que le but du déploiement de la 5G ne soit pas d’améliorer nos conditions de vies mais plutôt de les surveiller un peu plus en recueillant le plus de données possibles, parce qu’aujourd’hui « l’argent n’est plus le facteur clé dans le secteur du numérique… Il est devenu “une denrée presque facile à obtenir”, du moins dans le temple de cette économie, la Silicon Valley… ce sont les données qui sont désormais “la ressource rare”, et non plus le capital.» (idée défendue par Thomas Ramge et Viktor Mayer-Schönberger dans leur ouvrage paru en 2017, Das Digital (“Le numérique”, non traduit)**.


Kaji


Sources:*https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/09/29/deploiement-de-la-5g-l-internet-illimite-n-existe-pas-et-le-haut-debit-a-un-cout-financier-et-environnemental_6054099_3234.html

**https://www.courrierinternational.com/article/vie-privee-qui-plus-de-donnees-personnelles-que-facebook-google

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