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Retour sur le Rivotril utilisé dans les EHPAD

"Vous êtes confronté à un patient de 85 ans qui est en train de s'asphyxier, il n'y a pas de place en réanimation, qu'est-ce que vous faites ? Vous le laissez mourir sous vos yeux où vous adoucissez sa mort ?"


Le 31 mars 2020 la FSPF (la Fédération des Pharmaciens d'Officine) publie:


"Depuis le 29 mars, les médecins peuvent prescrire la spécialité Rivotril© sous forme injectable aux patients atteints ou susceptibles d’être atteints du coronavirus.

Accessible à tout médecin dans sa forme injectable (à la différence de la forme orale), la prescription de Rivotril© a, dans ce cas, pour objectif la prise en charge palliative des patients confrontés à un état asphyxique et ne pouvant être admis en réanimation ou pour lesquels une décision de limitation de traitements actifs a été prise.

Cette prescription intervenant en dehors de l’AMM du Rivotril© (traitement de l’épilepsie), l’ordonnance doit impérativement comporter la mention « Prescription hors AMM dans le cadre du covid-19 ».

Vous pouvez délivrer la spécialité Rivotril© aux patients se présentant à l’officine munis d’une ordonnance comportant cette mention.

A titre doublement dérogatoire, le Rivotril© sera pris en charge par l’assurance maladie :

  • en dépit du caractère hors AMM de la prescription

  • et à 100 % par l’assurance maladie (au lieu de 65 % dans les indications habituelles).

La FSPF a interrogé l’assurance maladie pour connaître les modalités de facturation de ce produit pour lequel la participation de l’assuré est supprimée. Nous ne manquerons pas de vous tenir informés de la réponse de l’assurance maladie.

Pour davantage d’informations, consultez le décret n° 2020-360"*


Par ce décret 2020-360, signé par Edouard Philippe et Olivier Véran, le gouvernement à légaliser la possibilité pour un médecin d'injecter une substance qu'il sait être mortelle.

Donc dans les Ehpads des médecins en isolé, seuls, peuvent prendre la décision de mettre un terme à la vie d'un patient simplement pour libérer des places en réanimations.

Aucune autre alternative où protocole médicale n'a été préconisé par le gouvernement.


Le 17 Novembre 2020 FranceInfo se décide à en parler:


"On a abrégé les souffrances des gens, j'appelle ça l'euthanasie", s'indigne une médecin d'Ehpad public.

En mars 2020, le Covid-19 s'est abattu sur des maisons de retraite démunies face à la virulence de l'épidémie. Des personnes âgées sont mortes par centaines dans les Ehpad, souvent à cause d'une insuffisance respiratoire, parfois dans de grandes souffrances.

C'est pour atténuer ces souffrances que le 29 mars, le gouvernement a autorisé par décret le recours à des médicaments de soins palliatifs. Parmi eux, le Rivotril et le Midazolam, habituellement interdits en médecine de ville et dans les Ehpad. Cette décision a parfois été très mal vécue par le personnel soignant.

"Ça nous a choqués, de se dire que là, on ne donnait aucune chance aux personnes âgées de s'en sortir".

C'est le cas à Buzançais, dans l'Indre, où l'Ehpad public Saint-Roch a accepté d'ouvrir ses portes à une équipe de "Pièces à conviction". En six semaines, l'établissement a perdu vingt de ses résidents. Ici, deux malades en fin de vie ont reçu des injections de Midazolam. Leurs familles en ont été averties. Mais plutôt que d'abréger leurs souffrances, les soignants auraient préféré pouvoir mieux prendre soin des personnes âgées atteintes du Covid-19.

"Quand on a reçu ces directives, ça nous a choqués, témoigne Sandra Rotureau, cadre de santé, de se dire que là, on ne donnait aucune chance aux personnes âgées de s'en sortir. Quand une personne âgée n'est pas hospitalisée [par manque de lits] et qu'ensuite, ce qu'on lui propose, c'est une sédation dès l'instant qu'elle va présenter une détresse respiratoire... ma première réaction, se rappelle-t-elle, ç'a été : on nous demande de faire une euthanasie passive auprès de nos résidents." 

"Qu'on ait osé nous demander de piquer nos patients pour les faire partir plus vite, c'est insupportable"

Ailleurs qu'à Buzançais, une médecin d'Ehpad public partage, à visage caché, "un sentiment d'horreur". Alors qu'elle n'a "pas le droit de prescrire quelque chose [comme l'hydroxychloroquine ?] qui pourrait soigner les personnes si elles étaient atteintes", elle est "autorisée à les faire partir... en douceur". 

"On a abrégé les souffrances des gens. Moi, j'appelle ça l'euthanasie, poursuit-elle, extrêmement choquée. Qu'on ait osé nous demander de piquer nos patients pour les faire partir plus vite, c'est insupportable."

Extrait de "Covid-19 : que se passe-t-il vraiment dans les Ehpad ?", une enquête à voir dans "Pièces à conviction" le 18 novembre 2020 à 21h05."**


*http://www.fspf.fr/fspf-services/breves/delivrance-rivotrilc-hors-amm


**https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/video-covid-19-on-a-abrege-les-souffrances-des-gens-j-appelle-ca-l-euthanasie-s-indigne-une-medecin-d-ehpad-public_4183593.html#xtor=CS2-765-%5Btwitter%5D-


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