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Suisse - Cours de masturbation financés par Berne: une élue UDC indignée

Une conseillère nationale du parti agrarien s’insurge contre le subventionnement de SANTE SEXUELLE SUISSE qui promeut les plaisirs sexuels solitaires.


Lancée en automne dernier, la campagne vidéo du Réseau Jeunes de SANTÉ SEXUELLE SUISSE, cofinancée par la Confédération, vise à rappeler aux jeunes que la masturbation fait partie de la vie quotidienne. La SonntagsZeitung a consacré un long article au sujet de l’autosatisfaction sexuelle, rappelant notamment les résultats d’un sondage de 2019, réalisé par l’Université de Berne: 94% des femmes interrogées s’étaient donné presque aussi souvent du plaisir que les hommes (98%) au cours des douze derniers mois.


Et pourtant, la masturbation reste un sujet tabou. Pour y remédier, SANTE SEXUELLE SUISSE avait donc lancé sa «déclaration de guerre à un tabou qui a trop longtemps prévalu», rappelle le journal alémanique. Avec une campagne rappelant en particulier aux jeunes que la masturbation fait partie de la vie quotidienne au même titre que le brossage de dents. L’organisation faîtière s’intéresse en particulier aux jeunes filles et jeunes femmes, «moins susceptibles d’admettre qu’elles se masturbent. La honte et le sentiment de faire quelque chose d’interdit sont trop grands», déclare Vittoria Burgunder, porte-parole de l’organisation. Le thème de la masturbation doit donc aussi être abordé dans les cours d’éducation sexuelle, exige l’organisation.

Mais «des cours de masturbation financés par l’État pour les enfants - c’est aller trop loin pour l’UDC», note la SonntagsZeitung. La conseillère nationale de l’UDC, Verena Herzog, a ainsi récemment interpellé le Conseil fédéral pour qu’il se positionne et dise ce qu’il pense du fait qu’une organisation subventionnée par l’État adopte une approche aussi offensive sur la question de la masturbation. Selon la SonntagsZeitung, «la politicienne thurgovienne de l’UDC ne cache pas ce qu’elle en pense elle-même: rien.» *


*https://www.lematin.ch/story/cours-de-masturbation-finances-par-berne-une-elue-udc-indignee-995159686500


En réponse à cet article, voici les recommandations de l'OMS en matière d'éducation sexuelle publiée en 2010:


Nouvelles recommandations européennes sur l’éducation sexuelle : selon les experts, l’éducation sexuelle devrait commencer dès la naissance


Madrid, 20 octobre 2010 Aujourd’hui, le Bureau régional de l’OMS pour l’Europe a publié les premières recommandations détaillées en vue d’aider les décideurs de la santé publique à élaborer des programmes appropriés d’éducation sexuelle. Le document a été lancé lors de la réunion européenne de l’OMS sur les défis à l’amélioration de la santé sexuelle, organisée à Madrid (Espagne) sous l’égide du ministère de la Santé et de la Politique sociale. Les recommandations ont été formulées par un groupe de 20 experts en provenance de 9 pays d’Europe sous la direction du Centre fédéral pour l’éducation à la santé (BZgA) de Cologne (Allemagne) et du Bureau régional de l’OMS pour l’Europe. Elles contiennent des instructions par étape ainsi qu’une matrice détaillée devant aider les professionnels de la santé et de l’enseignement à fournir aux enfants des informations exactes sur la sexualité, sous une forme qui tienne compte de leur sensibilité. Le docteur Gunta Lazdane, conseillère régionale pour la santé sexuelle et génésique au Bureau régional, qui a coordonné la rédaction de ce document, déclare : « La particularité de ces nouvelles recommandations, au-delà du thème abordé, c’est qu’elles insistent sur la nécessité de commencer l’éducation sexuelle dès la naissance. Elles expliquent également les compétences spécifiques que les enfants et les jeunes doivent acquérir, ainsi que les comportements à promouvoir à des périodes déterminées de l’existence. » En général, les programmes actuels d’éducation sexuelle mettent largement l’accent sur les aspects biologiques. « Or, ce n’est pas suffisant. Nous avons besoin d’une nouvelle approche en matière d’éducation sexuelle. Et c’est le thème de ces recommandations. Celles-ci placent les faits dans le contexte plus large des valeurs, des connaissances ou des aptitudes utiles dans la vie, de sorte que les aspects en rapport avec la santé soient compris de la manière la plus générale possible », ajoute le docteur Lazdane. Les nouvelles recommandations s’inspirent d’une interprétation positive de la sexualité, comme partie intégrante de la santé physique et mentale. Des thématiques telles que le VIH/sida, les grossesses non désirées et la violence sexuelle sont inscrites dans des programmes pédagogiques globaux qui se concentrent sur l’autodétermination des individus et leur responsabilité envers eux-mêmes et autrui. L’orientation unilatérale et la piètre qualité de l’éducation sexuelle sont souvent tenues responsables des défis grandissants en matière de santé sexuelle, tels que l’augmentation des grossesses adolescentes, la hausse des taux d’infections sexuellement transmissibles et la violence sexuelle en général. L’un des principaux objectifs de ces nouvelles recommandations est d’aider à améliorer la santé sexuelle en général. Elles doivent aussi réagir aux nombreux défis posés par les énormes différences existant entre les pays d’Europe en termes de qualité de l’éducation sexuelle dans le cadre scolaire. Actuellement, un tiers des pays de la Région européenne de l’OMS n’ont pas mis en place des programmes d’éducation sexuelle à l’école. Dans certains pays, les jeunes ne reçoivent pas d’éducation sexuelle avant l’âge de 14-18 ans. Les auteurs font néanmoins remarquer avec importance que les recommandations fixent uniquement des objectifs à réaliser. Il ne s’agit donc que de la première étape du processus. En effet, comme l’explique le docteur Lazdane, « l’étape suivante consistera à élaborer la méthodologie ».**


**https://www.euro.who.int/fr/media-centre/sections/press-releases/2010/10/new-european-guidelines-on-sexuality-education-experts-say-sexuality-education-should-start-from-birth

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